Journée d’étude nationale du CNAHES, le 21 mai 2014 à Lyon : « Jalons pour une histoire du handicap : nommer, classer pour inclure ? »

De tout temps, ceux que l’on a appelés suivant les époques monstres, infirmes, tarés, déficients, débiles, puis inadaptés, handicapés et aujourd’hui personnes en situation de handicap, ont suscité malaises, craintes, peurs diverses. Des « infirmes » aux porteurs de « handicap » en passant par les « inadaptés », comment, en catégorisant tous ceux qui ne pouvaient vivre indépendants pour des raisons physiques, mentales (et aussi sociales), a-t-on éloigné, puis protégé, assisté, pris en charge, éduqué, accompagné, ces populations fragiles ? Pourquoi et comment les a-t-on nommées et catégorisées ?

À partir de ces questionnements le CNAHES (conservatoire national des archives et de l’histoire de l’éducation spécialisée et de l’action sociale) vous propose un journée d’étude nationale le mercredi 21 mai à Lyon (Campus SEPR 21 rue Professeur Rochaix Lyon 3e). Voici les liens vers le bulletin d’inscription ainsi que vers le programme de la journée.

Nous verrons tout d’abord dans une approche anthropologique comment ces figures ont évolué depuis l’époque où les Romains, en exposant leurs nouveaux-nés pas comme les autres, les condamnaient à mort. Chaque société, chaque culture a porté un regard, fait un sort différent aux personnes handicapées et l’on peut ainsi tenter une histoire de ces représentations et en comprendre la fonction pour une société.

Puis, par une plongée dans l’histoire, surtout centrée sur le dernier siècle, nous nous attarderons sur l’évolution des nominations au XXe siècle qui entraînent l’émergence de nouvelles figures et de nouveaux traitements déterminés par les politiques sociales et l’évolution des connaissances en médecine, psychiatrie, psychologie et pédagogie.

Enfin, nous nous interrogerons sur l’adoption depuis plus de 50 ans de ce paradigme du « handicap », sur ce qu’il recouvre et surtout sur les évolutions depuis la loi de 1975, les changements produits et les réorientations conséquentes avec les lois de 2002 et 2005. La prise en compte, au moins théorique, de la parole des « usagers », entraîne-t-elle, au sein du secteur médico-social, une érosion de la catégorisation ou au contraire une individualisation sans fin des « étiquettes » ? La table ronde qui donnera la parole à des professionnels permettra de percevoir quels effets ces transformations ont pu avoir sur les pratiques professionnelles depuis les années 1970.

En déconstruisant les catégories, en les dénaturalisant, cette journée essaiera de montrer que ces catégories ne sont que des outils. Et que la question reste, plus que jamais, de savoir si l’on s’adresse à des sujets à part entière, ayant besoin de l’aide de la collectivité pour compenser leurs difficultés, ou à des usagers de services à la personne soumis aux lois du marché, de la compétition et de la rentabilité ?

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