Pourquoi passer au Réseau Social d’Entreprise dans le médico-social ?

C’est la rumeur qui bruit dans les sites professionnels actifs sur la toile, la nouvelle injonction : il faut passer au Réseau Social d’Entreprise. Alors ? Céder à la mode ? A une nouvelle lubie des responsables SI ? Le sujet mérite un peu plus d’attention car la question du passage au Réseau Social d’Entreprise dans le médico-social est réellement d’actualité en lien avec les changements qui travaillent notre secteur. Quelles sont les raisons ? Quels sont les enjeux ? A tout le moins quelques uns d’entre eux car cet article a pour seul objet de lancer le débat.

Trois raisons

  • Nos organisations ont besoin de s’appuyer sur l’agilité intellectuelle de leurs collaborateurs et, si possible, de développer celle-ci. Nos ESMS sont entrés, avec le changement de paradigme des années 2000,  dans un processus de réinvention qu’il faut soutenir et accompagner.
  • Ces nouvelles stratégies métier demandent à être adaptées aux enjeux du numérique. L’écrit sur l’écran de l’ordinateur, de la tablette ou du smartphone n’est plus l’écrit papier. Nos pratiques d’accompagnement sont nécessairement aujourd’hui des pratiques en réseau. Ce réseau c’est celui, physique, des partenaires mais c’est aussi celui, virtuel, des échanges synchrones et asynchrones soutenus par les technologies de l’information. Tous les acteurs du processus d’accompagnement travaillent en réseau. Leurs échanges supportent des pratiques qui ont l’opportunité de s’enrichir au sein de communautés.
  • Pourtant ces acteurs commencent à être dépassés par le volume des informations qui leurs sont dispensées. Nous avons développés des outils (courrier électronique, dossier informatisé de l’usager, intranet, blog, etc.) qui poussent à jet continue de l’information vers nos collaborateurs. Un certain nombre d’entre eux vivent professionnellement aujourd’hui au risque de la surinformation.

Pour une meilleure maîtrise de l’information

Le traitement de l’information, l’interaction avec les autres intervenants est, par nature, différente sur un réseau social de ce qu’ils sont dans un fonctionnement traditionnel. L’information n’y est plus intrusive, elle ne place plus son destinataire dans l’obligation de la traiter quoi qu’il arrive. Celui-ci peut lâcher prise et choisir d’organiser son accès à l’information d’une manière plus responsable et plus sereine. Cela dans un contexte où les deux-tiers des collaborateurs (cadres notamment) déclarent souffrir de surinformation dans un contexte de compression temporelle et d’un sentiment d’urgence généralisé. Ils reçoivent aujourd’hui 10 fois plus d’informations qu’ils n’en recevaient il y a 10 ans, en produisent environ 10% de plus chaque année et consacrent plus de 30 % de leur temps de travail quotidien à cette activité, proportion qui n’a cessé de croître au cours des 5 dernières années.

Il est temps de devenir acteurs de l’information

Sur le réseau social on peut aller là où les échanges ont lieu en toute maîtrise de sa décision et non plus de se voir imposer l’information (à la différence du mail). On peut avoir une vue très large sur l’état des échanges, les suivre, recevoir des alertes pour mieux s’investir sur les projets. Réseau Social d’Entreprise et fonctionnement en mode projet vont de pair.

Les facteurs clés du succès d’un RSE

Il est de fait que tous les acteurs, dans une organisation, ne sont pas prêts, d’emblée, à participer à un fonctionnement de type réseau social. Dépassons l’argument générationnel, les prétendus digital-natives (les générations nées avec l’ordinateur et l’Internet) ne sont pas spécialement plus ouverts aux pratiques de réseau social d’entreprise. Dans la très grande majorité des cas leur formation scolaire, universitaire, professionnelle ne les y a pas particulièrement préparés. Les acteurs les plus disponibles au réseau social d’entreprise sont ceux qui se placent dans une démarche altruiste acceptant de partager leurs savoirs et leurs compétences, de convaincre, de se placer dans une démarche de changement. Il est important que nos organisations et leurs managers soient à l’écoute de ces acteurs qui portent le devenir de notre secteur. Cela doit conduire à promouvoir des animateurs de communautés qui ne se limiteront pas à l’animation de réseaux virtuels mais qui feront preuve de ces mêmes capacités, au quotidien, dans la vraie vie.

Les commentaires sont fermés.